Babillard

Réduire sa facture énergétique grâce à la récupération de chaleur des effluents

Cette chronique vous est présentée par notre collaborateur Énergir.

Une source d’énergie renouvelable à développer

La récupération de chaleur sur les effluents est une solution d’efficacité énergétique prometteuse encore sous-exploitée. Qu’il s’agisse des eaux usées domestiques, des effluents industriels ou même de la chaleur rejetée par les centres de données, ces ressources thermiques peuvent être valorisées pour réduire à la fois les coûts énergétiques et les émissions de gaz à effet de serre (GES).

La récupération de chaleur sur les eaux grises : une technologie simple et abordable

Dans le secteur résidentiel, la récupération de chaleur sur les eaux grises est une technologie simple, abordable et éprouvée. Grâce à des échangeurs installés sur les colonnes de drainage, la chaleur des eaux provenant des douches, des lave-vaisselles ou des machines à laver est transférée à l’eau froide alimentant le chauffe-eau. Cette solution permet de réduire de 10 à 40 %[1] les coûts de production d’eau chaude domestique, avec un retour sur investissement généralement compris entre six et huit ans et une durée de vie pouvant atteindre 50 ans. Considérant que le chauffage de l’eau représente jusqu’au quart de la facture énergétique des ménages, son potentiel est significatif[2].

Des technologies québécoises innovantes pour le secteur multirésidentiel

Dans les immeubles multirésidentiels, de nouvelles technologies québécoises ouvrent la voie à une récupération plus poussée. RegenEAU a développé un système qui récupère la chaleur des eaux grises et noires après séparation des solides, puis utilise une thermopompe pour valoriser cette énergie. Les premières installations réalisées dans la région de Québec pourraient permettre des économies énergétiques avoisinant 50 %[3]. De son côté, Aquartis combine récupération de chaleur et réutilisation de l’eau grâce à son système TritonMC. Les résultats attendus de son premier projet à Sherbrooke indiquent une réduction de 40 % de la consommation d’eau et de 70 % des besoins énergétiques liés à l’eau chaude domestique[4].

La valorisation des rejets de chaleur dans les conduites municipales : une stratégie gagnante en milieu urbain

À Vancouver, le réseau énergétique de quartier de False Creek valorise la chaleur des eaux usées pour alimenter un vaste ensemble de bâtiments résidentiels, commerciaux et institutionnels. Des projets similaires sont en cours à Toronto, où le Toronto Western Hospital prévoit économiser près de 700 000 $ par année en chauffage et climatisation, ainsi qu’à Ottawa, avec le projet LeBreton Community Utility.

Une autre avenue émergente est la cloacothermie, qui consiste à récupérer la chaleur directement dans les bassins des stations d’épuration. Déjà utilisée à Sainte-Adèle, cette technologie sera également intégrée au futur complexe sportif de Prévost.

Le secteur industriel présente lui aussi un fort potentiel. La chaleur contenue dans les eaux de procédé peut être récupérée afin de préchauffer de l’eau ou de l’air et réduire la consommation énergétique. Chez Textiles Coraltex, à Montréal, une telle solution permet d’économiser plus de 300 000 m³ de gaz naturel chaque année[5].

Enfin, les centres de données constituent une nouvelle source de chaleur valorisable. Les systèmes de refroidissement à l’eau ou par immersion produisent une chaleur qui peut être récupérée pour alimenter des bâtiments ou des réseaux thermiques. Le projet Humano District, à Sherbrooke, illustre bien cette approche.

Découvrez le potentiel de la récupération de chaleur des effluents et les solutions pour la mettre en œuvre

Envie d’en apprendre plus? Énergir offre des subventions[6] pouvant aller jusqu’à 50 000 $ pour une étude de faisabilité et jusqu’à 1 000 000 $ pour la mise en œuvre d’un projet de récupération de chaleur sur les eaux usées permettant de réduire la consommation de gaz naturel dans le cadre du volet Diagnostic et mise en œuvre efficace de son programme d’efficacité énergétique. Pour en savoir plus à ce sujet, connaître les conditions et critères d’admissibilité du programme et obtenir du soutien dans votre démarche, le cas échéant, communiquez avec un conseiller en solutions énergétiques d’Énergir au 1 833 835-1313 ou en remplissant ce formulaire.

 

 

[1] Source : https://www.ecohabitation.com/guides/2549/les-recuperateurs-de-chaleur-des-eaux-grises-ce-quil-faut-retenir

[2]  Source : Ressources naturelles Canada, Guide sur les chauffe-eau, p. 3 (consulté à : https://ressources-naturelles.canada.ca/sites/nrcan/files/energy/pdf/energystar/WaterHeaterGuide_f.pdf

[3]  Le système RCEG doit être conforme aux normes CSA B55.1 et B55.2 et son taux d’efficacité en matière de récupération de la chaleur des eaux grises doit être d’au moins 42 %.

[4] Les Habitations l’Équerre – Écotech Québec

[5] Par rapport à un système traditionnel n’utilisant pas la récupération de chaleur.

[6] Certaines conditions s’appliquent. Pour connaître les conditions et critères d’admissibilité des programmes de subventions, consultez cette page. Les conditions et les montants des subventions offertes sont modifiables sans préavis.